Comment la Belgique se profile-t-elle à l’égard de ce nouveau marché ? Eléments de réponses avec Pieter De Crem, Secrétaire d'Etat belge au Commerce extérieur.

Quels sont vos espoirs en termes d’exportations belges vers l’Iran ?

Pieter De Crem - Pour des raisons historiques, l’Iran est un partenaire très important pour la Belgique, que ce soit avant ou après la révolution iranienne de 1979. Avant 2005-2006, la période où sont intervenues les sanctions économiques internationales à l’égard de l’Iran, le marché des investissements belges dans ce pays s’élevait aux alentours d’un milliard d’euros. Ce chiffre est tombé à moins de 300 millions d’euros par la suite. Aujourd’hui, notre objectif premier est de revenir au milliard d’euros.

Un marché important

Comment atteindre cet objectif ?

P. De Crem - Grâce à bon nombre de secteurs d’activités où la Belgique est à la pointe et offre une réelle plus-value : le secteur pharmaceutique, la chimie, la pétrochimie, les machines et équipements, le transfert de technologies, etc. L’Iran est un marché important, qui compte 80 millions de consommateurs. Tenant compte du nouvel environnement économique dans lequel on vit, je considère l’Iran comme un nouveau marché.

Pourquoi nouveau ?

P. De Crem - Aujourd’hui, de manière générale sur le plan commercial, le lien émotionnel que l’on entretenait dans le passé avec certains continents, certains pays ou certaines régions a disparu. Les entreprises belges ne font plus nécessairement la majeure partie de leurs investissements en Afrique, mais se tournent aussi vers l’Amérique Latine, l’Océanie ou le Pacifique. C’est un changement de mentalité fondamental !

Les capitaux belges sont disponibles

Devons-nous malgré tout avoir une attitude prudente à l’égard du marché iranien ?

P. De Crem - L’Iran est un marché tout à fait spécifique. Beaucoup d’entreprises belges sont prêtes à y faire des investissements et ont le capital pour le faire. Mais, comme dans n’importe quel pays, il faut bien entendu créer un climat propice aux investissements. Il faut notamment fournir ou créer les conditions dans lesquelles la chaîne de paiements est clairement spécifiée, recevable et fiable.