Quel est l’impact de la politique économique du gouvernement sur le commerce extérieur ?

Pieter De Crem : « Les mesures du gouvernement ont un grand impact sur l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Nous avons pu ainsi résorber notre handicap compétitif par rapport à nos partenaires les plus importants que sont les Pays-Bas, la France et l’Allemagne. La relance de la compétitivité se traduit par la création d’emplois. Les mesures prises par le gouvernement actuel comme par les précédents ont provoqué une baisse très nette du coût de l’emploi, particulièrement favorable aux travailleurs peu qualifiés. »

Avec quels résultats ?

P. D. C. : « 100 000 emplois ont été créés, en grande majorité dans le secteur privé. Selon la Banque Nationale, 120 000 autres viendront s’y ajouter d’ici la fin de cette législature. Parmi les mesures ayant un impact, citons le Tax Shift, qui réduit le coût salarial. Il y a aussi le report de l’âge de la pension et la flexibilité du temps de travail, notamment très importante pour l’emploi dans l’e-commerce. Les mesures du gouvernement ont aussi une autre conséquence : le monde économique belge est à nouveau très visible sur la scène internationale. C’est très important, dans la mesure où les exportations sont un moteur de création d’emplois en Belgique. »

Quelle est la valeur ajoutée de votre département ?

P. D. C. : « La valeur ajoutée du commerce extérieur au niveau fédéral, c’est l’opportunité de faire du « business-to-government » pour affirmer la présence de nos entreprises jusqu’au niveau des gouvernements. Nous ouvrons des portes, très souvent en dehors de l’Union européenne. Dans ces pays, le politique joue un rôle prépondérant dans les prises de décision. Pour cela, je travaille en parfaite collaboration et transparence avec les Régions. Lorsqu’il y a des tensions ou des entraves, le niveau fédéral reste très important pour entamer des dossiers, les accélérer et les mener à bien jusqu’à la conclusion de contrats. »

Quel état des lieux dressez-vous de la position belge sur la scène internationale ?

P. D. C. : « Notre pays est l’un des plus accueillants pour le commerce. En anglais, on parle de « trade-friendly countries ». Nous sommes 2es sur ce plan. Nous sommes aussi le 2e pays le plus globalisé au monde : notre économie très ouverte est propice non seulement pour capter des investissements de l’étranger, mais aussi pour bénéficier d’un rôle de pays de transit nous permettant de développer les activités économiques afférentes. Globalement, à l’échelle mondiale, nous sommes le 12e pays exportateur et le 14e importateur. Pour la première fois depuis trois ans, notre balance commerciale est à nouveau excédentaire : nous exportons plus que nous n’importons. Un dernier chiffre : plus de 85 % de notre PIB est réalisé par le commerce extérieur. »

Quels sont les secteurs et entreprises phares à l’exportation ?

P. D. C. : « Il y a les secteurs traditionnels comme le pharmaceutique, en tête de classement, mais aussi la pétrochimie, la chimie, les machines et les équipements. Il y a encore le textile, l’alimentation, la construction, le dragage et les nouvelles technologies, dont la 3D. Au niveau des entreprises, on a affaire à une combinaison entre les grandes entreprises traditionnelles et les nouvelles PME qui s’imposent sur des marchés de niche. »

Quelles sont vos missions économiques à venir ?

P. D. C. : « Je reviens de missions au Texas et aux Émirats. À présent, un déplacement devrait avoir lieu à Atlanta, dans l’État de Géorgie, où il y a une grande concentration d’activités : textile, tapis, chimie, pétrochimie… Des missions princières sont également annoncées, entre autres en Corée du Sud et en Côte d’Ivoire. »