Quels sont les liens de votre entreprise avec Bruxelles ?

 

Yves Wullus : « Ils sont historiques : à l’origine, en 1911, Fédérale Assurance a été fondée à Bruxelles par des entrepreneurs généraux. Leur but était de créer un fonds de couverture pour les accidents de travail sur leurs chantiers dans toute la Belgique. Nous avons évolué, mais aujourd’hui encore, 70 % de nos clients ont un lien avec le secteur de la construction. »

 

Quelle est la spécificité de celui-ci dans la capitale ?

 

Y. W. : « Il convient d’abord de distinguer les nouvelles constructions des rénovations. L’an dernier, Bruxelles a comptabilisé 1 113 nouvelles constructions et 2 631 rénovations. En comparaison, l’ensemble du pays a connu quelque 51 000 constructions et 31 000 rénovations. La proportion entre constructions et rénovations est donc inversée entre la Belgique et Bruxelles. Ceci s’explique par le fait que la capitale ne compte pas beaucoup d’espaces libres pour de nouvelles constructions. Autre spécificité : la technicité et le degré de difficulté des chantiers sont bien plus élevés qu’ailleurs, en raison notamment des problèmes d’accès aux bâtiments ou de la densité du bâti. Ceci accentue le risque d’instabilité, par exemple lors de travaux de démolition et rénovation, et le risque de dommages à des tiers. »

 

Quelle est la nature de votre intervention ?

 

Y. W. : « En tant qu’assureurs, nous intervenons pour des clients très divers issus du secteur de la construction : non seulement des entrepreneurs généraux, mais aussi beaucoup d’entreprises qui ne font que de la rénovation ou des travaux de finition par exemple. Nos experts analysent les risques et nous donnons des conseils en prévention. »

 

Investissez-vous directement dans l’immobilier ?

 

Y. W. : « Comme toutes les compagnies d’assurances, nous réalisons des investissements pour offrir des rendements à nos clients, par exemple pour leurs contrats d’assurance-vie. La politique menée en la matière par notre département financier se veut diversifiée et inclut bien entendu un volet immobilier résidentiel et non résidentiel. Récemment, ce fut entre autres le cas pour des maisons de repos en périphérie ou lors de la construction de kots d’étudiants à Ixelles, à proximité de la VUB. Cette activité reste toutefois marginale par rapport à notre métier d’assureur. »

 

Comment votre métier évolue-t-il par rapport au secteur de la construction ?

 

Y. W. : « Nous avons toujours veillé à adapter les couvertures de nos polices d’assurance aux évolutions du marché. Les nouvelles techniques de construction et les nouvelles technologies utilisées par les professionnels génèrent de nouveaux risques, nécessitant une adaptation constante de nos couvertures. Il y a quelques années par exemple, nous avons intégré une couverture spécifique pour les panneaux photovoltaïques. Aujourd’hui, les drones sont en outre de plus en plus utilisés. Nous offrons désormais des solutions en la matière. »

 

Quels sont les risques principaux que peut rencontrer un entrepreneur ?  

 

Y. W. : « Un professionnel de la construction doit faire face à de nombreux risques : les accidents du travail, dont la couverture est obligatoire ; les dommages qu’il peut causer à autrui - nous avons développé l’assurance "R.C. Travaux de construction", une R.C. exploitation tout spécialement conçue pour les professionnels de la construction - ; les dommages que peuvent subir leurs chantiers - qui peuvent être assurés via notre "Tous risques chantiers", que l’on pourrait définir comme une "omnium chantiers", souvent imposée dans le cahier des charges - ou leurs engins de chantiers. À partir du 1er juillet 2018, les entrepreneurs devront obligatoirement assurer leur responsabilité décennale pour certains types de chantiers. Nous n’avons pas attendu le législateur pour offrir ce type de couverture, que nous proposons déjà depuis de nombreuses années. »

 

Quelle est la force de Bruxelles à vos yeux ?

 

Y. W. : « C’est d’être une capitale multiculturelle au cœur de l’Europe, qui accueille le siège de nombreuses institutions internationales, telles que l’Union européenne ou l’OTAN. Nombreuses sont les sociétés étrangères à avoir profité de l’ouverture des frontières pour installer un siège à Bruxelles. Un de nos challenges est de nous adapter à ce marché qui évolue énormément. Le relever est tout à la fois passionnant et motivant ! »