Mise au point avec Gretel Schrijvers, médecin du travail et Directrice générale de Mensura.

 

Quelle est l’ampleur de l’absentéisme en Belgique ?

Gretel Schrijvers, médecin du travail et Directrice générale de Mensura : « Il augmente chaque année. Le plus inquiétant est la hausse de celui de longue durée qui, selon l’INAMI, a crû de 70 % en 10 ans ! Fin 2016, il y avait 392 000 travailleurs absents depuis au moins 1 an pour cause de maladie… soit 5 % des Belges de 20 à 64 ans ! »

 

L’absentéisme perturbe les organisations,
met la planification et la production sous pression,
oblige les collègues à effectuer le travail des absents
ou les employeurs à chercher des remplaçants.

 

Avec quel impact ?

G. S. : « Il perturbe les organisations, met la planification et la production sous pression, oblige les collègues à effectuer le travail des absents ou les employeurs à chercher des remplaçants. Son coût annuel global est de 5 milliards d’euros d’indemnités à charge de l’INAMI. Pour les entreprises, les coûts sont aussi considérables : salaire garanti, assurances, ONSS, remplacements, heures supplémentaires, pertes de production et de qualité, etc. L’absentéisme représente en moyenne 2,6 % du total des coûts salariaux d’une entreprise. »

 

Comment les entreprises peuvent-elles agir efficacement ?

G. S. : « Prendre des mesures préventives ou dissuasives leur permet d’avoir un impact positif sur l’absentéisme évitable. Afin de s’attaquer à ses causes, elles peuvent faire appel à un service externe : il utilisera de façon opportune leur budget de prévention légal pour améliorer le bien-être physique et mental des travailleurs et, ainsi, optimiser les conditions de travail. »

 

Les entreprises sont pourtant conscientes de ce problème…

G. S. : « Oui, mais souvent, elles ne réagissent que lorsqu’il est devenu urgent ou n’interviennent que de manière trop fragmentée, ce qui n’aboutit pas à un résultat durable. Il faut au contraire une approche ciblée. Ceci passe par une analyse de toutes les données disponibles pour dégager une vue claire de leur problématique spécifique. Un audit de leur absentéisme et de leur politique existante permet de déterminer les actions à entreprendre au quotidien. Important : tous les collaborateurs doivent être associés à cette démarche. Sans sensibilisation, pas de changement des comportements ! »

 

Un dernier conseil ?

G. S. : « Afin d’aider les organisations à comprendre ce que leur coûte l’absentéisme et où se situent les principales lacunes, nous offrons deux outils en ligne faciles à utiliser : le "Calculateur coût de l’absentéisme" et le "Compas de l’absentéisme". »