Le point de vue de Filip Champagne, directeur marketing chez Bisnode.

 

Quelle est votre opinion sur l GDPR ? Quel sera son impact d’après vous ?
 

Filip Champagne : « Nous pensons que lea GDPR constituera une belle opportunité pour améliorer les données existantes et permettre un ciblage plus précis des utilisateurs avec un message personnalisé, toute en encourageant la transparence.

Cette personnalisation sera toutefois plus difficile à mettre en place. Les règles très strictes en matière de respect des données personnelles rendront le profiling plus compliqué. Il faudra se montrer très transparent avec le client pour qu’il comprenne les avantages qu’il peut trouver dans le marketing ciblé. »

 

En quoi représentera-t-il un atout marketing pour les entreprises ?
 

Le risque est que les ‘"géants du Web"’ voient leur position encore renforcée au détriment des médias locaux. »

« Le GDPR offrira une meilleure connaissance du client, plus précise et complète, et permettra le ‘"single customer view"’, c’est-à-dire une vision globale du client permettant de le cibler de manière intelligente. En matière de marketing, le consommateur y gagnera en recevant des messages publicitaires plus pertinents pour lui. »

 

Et qu’en est-il de la prospection de nouvelles cibles pour l’annonceur ?
 

« Elle sera rendue plus compliquée. Il y a actuellement une grande incertitude sur le marché : faudra-t-il d’abord obtenir le consentement des personnes pour pouvoir leur envoyer de la prospection ? Ou, comme par le passé, les entreprises pourront-elles travailler sur base de leur intérêt légitime, moyennant une information claire de ces personnes et le respect de leur droit d’opposition ? On lit de plus en plus dans la presse, erronément, que le consentement des personnes serait obligatoire. Cette vision aura des conséquences importantes sur le marché. En effet, les seuls acteurs qui ont déjà ce consentement pour des prospects sont les GAFA : Facebook, Google, etc. Le risque est donc que ces ‘"géants du Web"’ voient leur position encore renforcée au détriment des médias locaux. »  

 

Quelle est la solution d’après vous ?
 

« Il faut appliquer une vision pragmatique de ladu  GDPR. Le direct marketing doit absolument rester possible, sans quoi les annonceurs se verront obligés de se tourner vers des médias de masses, avec un impact déplorable sur notre économie. Une information claire et transparente sur l’utilisation des données et les droits des personnes est pour moi la clé. »