C’est faire injure à nos entreprises wallonnes que de les exhorter à devenir intelligentes. Heureusement, elles le sont puisque, pour se référer au Larousse, elles conçoivent et saisissent les rapports entre les choses et font preuve de discernement, de jugement et de bon sens.  Cela n’est pas en cause.

Certaines comparaisons avec la Flandre amènent par contre à situer la réflexion plus loin. Ainsi, le résultat moyen d’exploitation pour les entreprises flamandes est de 131.317,21 € contre 77.235,93 € pour les entreprises wallonnes, ce qui indique que les résultats flamands sont plus élevés de 70 %. On peut considérer qu’il s’agit là d’une illustration d’une situation qui est certes démentie ou surpassée par beaucoup d’entreprises wallonnes, mais est néanmoins bien installée: l’existence d’une culture favorisant peu la prise de risque, l’innovation et la croissance. Selon E&Y, un tel environnement est confirmé par les entreprises wallonnes, dont une sur deux dit ressentir un manque de reconnaissance de la société en général, même lorsqu’on est leader mondial sur son marché.

Trois points sont à mettre en évidence afin d’éviter de se retrouver dans une telle impasse:- certes, il faut constater des écarts défavorables à la Belgique dans certains éléments constitutifs de la compétitivité, mais il est indéniable que des dispositions positives ont été prises au niveau des autorités publiques, comme l’absence de cotisations sociales sur la première embauche, la réduction du taux de l’impôt des sociétés et d’autres encouragements à la création d’entreprises.

En outre, une conscience régionale plus marquée commence à apparaître au niveau des organisations syndicales, ce qui peut induire des attitudes et comportements d’abord respectueux du développement de la Wallonie;

  •  toute la Wallonie a besoin d’une pédagogie de l’entreprise, mettant en évidence la communauté humaine que chacune d’entre elles représente et les apports de leurs membres au progrès de l’entreprise. Sans oublier leurs contributions au développement durable, leurs défis, difficultés et succès... Une telle campagne d’information suppose, pour réussir, que toutes les entreprises mettent le nez à la fenêtre dans une démarche d’extraversion, diffusant ainsi une culture d’altérité (aller vers l’autre).

Cela renforcera encore leur implication dans le « waldeal », à savoir l’action concertée des parties prenantes wallonnes en faveur du développement durable de la Région;

  • d’autre part, beaucoup d’entreprises wallonnes ont compris qu’il fallait faire de la difficulté une solution en misant sur la productivité, l’innovation, le design, l’économie circulaire et rationnelle, l’efficience commerciale et énergétique (liste non exhaustive, même si certaines matières en recoupent d’autres).

Cette agilité permet une meilleure adéquation par rapport aux attentes des clients et même l’anticipation de celles-ci. On y retrouve l’industrie 4.0. en référence à ce qui a été considéré comme la 4ème révolution industrielle, celle de l’utilisation optimale des technologies numériques. Avec l’Agence du Numérique et son programme Digital Wallonia, mais aussi avec le génie développé en Wallonie, historiquement dans l’électromécanique et depuis lors dans le numérique, nos entreprises disposent d’atouts importants pour s’inscrire franchement dans cette révolution.