Quelle est la nature de l’intervention des Business Angels ?

Baudouin van Male : « Les entrepreneurs ont besoin de trois choses : des conseils, des contacts et de l’argent. En ce qui concerne les conseils et contacts, de plus en plus de structures se développent : incubateurs, structures publiques, réseaux - comme Entreprendre -, etc. L’argent, lui, on peut le trouver chez des proches, dans la famille ou dans les banques. Cependant, les banques, par exemple, ne soutiennent que rarement un projet en cours de démarrage. »
 

Les Business Angels sont alors un passage quasiment obligé…

 

Le Business Angel intervient très tôt, souvent au moment de la conception du projet, avant même que la société soit créée.

 

B. v. M. : « Effectivement ! Ils fournissent à la fois de la crédibilité, du soutien financier à titre personnel et du conseil permettant entre autres de bien utiliser l’argent mis à disposition, voire de débloquer des aides publiques ou bancaires. Soulignons aussi que le Business Angel intervient très tôt, souvent au moment de la conception du projet, avant même que la société soit créée. La phase préférée des Business Angels reste toutefois le moment où l’on arrive à un horizon proche des premiers revenus, voire de la rentabilité. En général, quand le projet a atteint sa rentabilité et qu’il doit se développer plus loin, il faut trouver d’autres partenaires, comme les fonds d’investissement. »
 

Dans quels types d’entreprises intervenez-vous ?

B. v. M. : « Dans tous les types ! Les Business Angels qui interviennent de manière régulière évitent toutefois les projets manquant d’innovation ou d’ambition et les entreprises non susceptibles de grandir vite. On n’investira pas par exemple dans un kiosque à journaux de quartier, mais bien dans une chaîne de magasins. En pratique, bon nombre de Business Angels s’impliquent par exemple dans les secteurs de la technologie, de l’informatique ou même de la santé. »


 

Quel est le profil des Business Angels ?

B. v. M. : « Il y en a plusieurs. Certains sont d’anciens entrepreneurs, tandis que d’autres ont un parcours professionnel passionnant dans de grandes entreprises. Tous se retrouvent avec du temps, de l’argent et des connaissances qu’ils sont prêts à partager avec d’autres. Il existe trois catégories de Business Angels : ceux qui sont reconnus, car ils sont intervenus dans de nombreux dossiers et connaissent les processus ; ceux qui s’organisent au travers de réseaux, comme le réseau Be Angels en Belgique francophone, dont je fais partie et qui réunit quelque 240 Business Angels ; les apprentis Business Angels ou des entrepreneurs qui, de temps en temps, rencontrent par hasard un entrepreneur et acceptent de l’aider. »
 

Quelles sont leurs motivations ?

 

Ceux qui interviennent de manière régulière évitent toutefois les projets manquant d’innovation ou d’ambition et les entreprises non susceptibles de grandir vite.

 

B. v. M. : « Elles diffèrent d’un Business Angel à l’autre. Pour ma part, elle est de donner des conseils judicieux permettant d’épargner des mois d’efforts à l’entrepreneur, de l’aider à se développer au plus vite, voire de sauver des entreprises. Une autre motivation est de mettre à profit autour de moi toutes les compétences, l’énergie et les moyens dont je dispose ; c’est un peu redonner ce qu’on a eu la chance de recevoir. Je trouve tout cela extrêmement valorisant, au même titre que participer à des initiatives utiles et positives pour la société. C’est ici quelque chose qu’on n’a pas toujours l’occasion de faire dans son métier principal. Je n’ai pas de motivation financière particulière, mais pour que le système soit pérenne, il faut qu’il soit rentable ! Certains Business Angels attendent d’importants retours en investissant dans des startups. En pratique, c’est rare ; en moyenne, la rentabilité est correcte, mais pas extraordinaire, les succès compensant les pertes. Certaines statistiques font état d’une quinzaine de pour cent par an sur un certain nombre de dossiers, sur des horizons de 5 à 7 ans. Mais être Business Angel, c’est aussi accepter de prendre des risques ! »
 

Quels types de conseils donnez-vous pour optimiser le démarrage d’une entreprise ?

B. v. M. : « La première chose est d’apporter une vision : nous confrontons l’idée ou l’intuition de l’entrepreneur avec les opportunités du marché et les risques existants. Ensuite, on l’aide aussi dans l’élaboration de son Business Model ; on lui livre un aperçu des questions importantes à se poser pour aller dans la bonne direction ; on lui donne des indications très précieuses pour anticiper son développement futur et les défis auxquels il sera confronté ; on le met en contact avec des personnes pouvant être directement intéressées par son projet ; on l’accompagne lors de négociations importantes ; etc. Le Business Angel a enfin un rôle de mentor : il apporte un soutien personnel et psychologique bienveillant à l’entrepreneur, en particulier dans ses moments d’interrogations, voire de doutes. »